
La mise en place d’un Comité Social et Économique devient obligatoire dès que l’entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Cette vérification préalable de l’éligibilité constitue une étape administrative indispensable pour respecter les obligations légales et éviter les sanctions. Maîtriser ces critères permet d’anticiper les démarches et de garantir la conformité de l’organisation.
À retenir : 11 salariés minimum pendant 12 mois consécutifs : c’est le seuil légal qui déclenche l’obligation de mettre en place un CSE dans l’entreprise. Ce calcul s’effectue au 31 décembre de chaque année en tenant compte de tous les types de contrats selon des règles précises de comptabilisation.
Les critères d’éligibilité fondamentaux pour la mise en place du CSE
La mise en place d’un comité social et économique repose sur des critères d’éligibilité précis, définis par le Code du travail. Le seuil d’effectif constitue le premier paramètre déterminant : l’entreprise doit employer au minimum 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Cette règle s’applique à l’ensemble des employeurs de droit privé, incluant les sociétés commerciales, les sociétés civiles, les associations, ainsi que les établissements publics à caractère industriel et commercial et les établissements publics à caractère administratif employant du personnel de droit privé.
Modalités de calcul de l’effectif selon les contrats de travail
Le calcul de l’effectif obéit à des règles précises énoncées par le Code du travail. Les salariés en contrat à durée indéterminée à temps complet sont comptabilisés intégralement dans l’effectif. Pour les salariés à temps partiel, le décompte s’effectue au prorata de leur durée contractuelle de travail rapportée à la durée légale ou conventionnelle. Les salariés en CDD, les travailleurs temporaires et les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure sont pris en compte au prorata de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents, selon l’article L. 1111-2 du Code du travail.
| Type de contrat | Mode de comptabilisation |
| CDI temps complet | Intégralité (1 salarié = 1 unité) |
| CDI temps partiel | Prorata de la durée de travail |
| CDD et intérimaires | Prorata du temps de présence sur 12 mois |
| Apprentis et contrats de professionnalisation | Exclus du décompte |
Les apprentis et les titulaires de contrats de professionnalisation ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’effectif. Pour les entreprises à activité saisonnière, le franchissement du seuil de 11 salariés doit être constaté pendant 12 mois, consécutifs ou non, au cours des trois années précédentes.

Méthodes pratiques de calcul et de vérification de l’effectif
Le calcul précis de l’effectif constitue une obligation légale préalable à toute mise en place du CSE. Les entreprises doivent maîtriser les règles de comptabilisation des différents types de contrats pour déterminer leur assujettissement au seuil des 11 salariés.
Règles de comptabilisation selon les types de contrats
Les salariés en CDI à temps plein comptent pour une unité entière dans le calcul de l’effectif, quelle que soit leur ancienneté. Pour les salariés à temps partiel, le décompte s’effectue au prorata de leur durée contractuelle par rapport à la durée légale ou conventionnelle. Un salarié travaillant 28 heures hebdomadaires compte ainsi pour 0,8 unité (28/35).
Les salariés en CDD et intérimaires font l’objet d’une comptabilisation proportionnelle à leur présence effective sur les 12 derniers mois. Un intérimaire présent 6 mois à temps plein compte pour 0,5 unité.
Cas particuliers et situations spécifiques
Les salariés en congé maladie, maternité ou accident du travail restent comptabilisés dans l’effectif pendant toute la durée de leur suspension de contrat. Les dirigeants salariés sont pris en compte dès lors qu’ils disposent d’un contrat de travail et perçoivent une rémunération correspondant à leur fonction.
| Type de contrat | Modalité de comptabilisation | Base légale |
| CDI temps plein | 1 unité | Article L. 1111-2 |
| CDI temps partiel | Prorata durée contractuelle | Article L. 1111-2 |
| CDD / Intérim | Prorata présence sur 12 mois | Article L. 1111-2 |
Documents de référence et période de calcul
La vérification de l’effectif s’appuie sur plusieurs documents administratifs obligatoires. Le registre unique du personnel recense l’ensemble des salariés avec leur date d’entrée et de sortie. Les déclarations sociales nominatives (DSN) transmises mensuellement à l’URSSAF fournissent des données actualisées sur les contrats en cours.
Les bulletins de paie permettent de vérifier la durée contractuelle et le temps de présence effectif. Le calcul s’effectue au 31 décembre de chaque année en retenant la moyenne des 12 mois civils précédents, selon les modalités définies à l’article D. 1111-1 du Code du travail.
Exemples concrets de calculs d’effectif
Une entreprise comptabilise 8 CDI à temps plein, 3 salariés à temps partiel (24h/semaine soit 0,69 unité chacun) et 2 CDD présents 4 mois dans l’année (soit 0,33 unité chacun). Le calcul donne : 8 + (3 × 0,69) + (2 × 0,33) = 10,73 salariés. L’entreprise reste sous le seuil des 11 salariés.
Dans un second scénario, une société emploie 10 CDI temps plein et fait appel à 4 intérimaires présents en permanence. Ces derniers comptent chacun pour 1 unité, portant l’effectif total à 14 salariés. L’obligation de mise en place du CSE s’impose dès lors que cet effectif est maintenu pendant 12 mois consécutifs.

Obligations légales et démarches administratives préalables
La mise en place d’un CSE s’accompagne d’un ensemble d’obligations légales strictes que l’employeur doit scrupuleusement respecter. Le non-respect de ces démarches administratives peut entraîner des sanctions. Les formalités commencent dès la décision d’organiser les élections et se poursuivent jusqu’à la proclamation des résultats.
Information du personnel et calendrier légal
L’employeur doit informer l’ensemble des salariés de l’organisation prochaine des élections par tout moyen approprié : affichage, message électronique, note de service. Cette information constitue le point de départ du calendrier électoral et doit préciser la date envisagée pour le premier tour. Selon l’article L. 2314-4 du Code du travail, le premier tour doit se tenir dans un délai maximal de 90 jours suivant cette information initiale. Ce délai permet d’organiser les différentes phases du processus électoral : négociation du protocole d’accord préélectoral, dépôt des candidatures, campagne électorale et opérations de vote.
Invitation des organisations syndicales
L’employeur doit inviter par courrier recommandé ou remise en main propre les organisations syndicales représentatives dans l’entreprise à négocier le protocole d’accord préélectoral. Cette invitation concerne les syndicats représentatifs au niveau national, ceux ayant constitué une section syndicale dans l’entreprise, ainsi que les syndicats affiliés à une organisation représentative au niveau national ou interprofessionnel. Un procès-verbal de carence doit être établi si aucune organisation syndicale ne se manifeste dans les 30 jours suivant l’envoi des invitations.
Formalités auprès de l’inspection du travail
Après les élections, l’employeur transmet à l’inspection du travail le procès-verbal des élections dans les 15 jours suivant le second tour. Ce document récapitule les résultats du scrutin, la composition du CSE nouvellement élu et les éventuelles contestations. Les accords collectifs peuvent modifier certaines modalités d’organisation, notamment les délais ou le découpage des collèges électoraux, sous réserve de respecter les principes fondamentaux du droit électoral. Tout salarié ou organisation syndicale peut contester les opérations électorales devant le tribunal judiciaire dans un délai de 15 jours suivant l’élection ou la désignation.

CE Expertises : un accompagnement spécialisé dans la mise en place du CSE
CE Expertises intervient depuis plus de 30 ans auprès des entreprises pour sécuriser l’ensemble des étapes préalables à la mise en place d’un CSE. Cette structure s’est imposée comme une référence dans l’accompagnement des employeurs confrontés aux obligations légales en matière de représentation du personnel.
Les prestations proposées couvrent plusieurs domaines d’intervention complémentaires :
- Réalisation d’audits d’éligibilité permettant de déterminer avec précision si l’entreprise remplit les conditions d’assujettissement
- Calcul rigoureux des effectifs sur les 12 mois consécutifs, en intégrant l’ensemble des catégories de salariés selon les règles de décompte du Code du travail
- Accompagnement dans la préparation et la rédaction du protocole d’accord préélectoral
- Formation des équipes RH aux obligations légales relatives au processus électoral
- Vérification de la conformité des procédures avec les dispositions applicables selon les conventions collectives
L’expertise juridique développée par CE Expertises permet d’éviter les erreurs fréquemment constatées lors de l’évaluation de l’éligibilité : mauvaise prise en compte des contrats aidés, oubli des salariés mis à disposition, calcul erroné des équivalents temps plein. Cette connaissance approfondie du droit du travail se conjugue avec une capacité à adapter les recommandations aux spécificités sectorielles de chaque structure. Les entreprises multi-établissements, les groupes ou les organisations ayant des configurations particulières bénéficient ainsi d’un accompagnement personnalisé qui tient compte de leurs contraintes organisationnelles. Cette approche permet aux employeurs de sécuriser juridiquement leurs obligations tout en anticipant les étapes du calendrier électoral.

L’essentiel à retenir sur l’éligibilité CSE
La vérification de l’éligibilité au CSE nécessite une surveillance continue des effectifs et une connaissance précise des règles de comptabilisation. Les entreprises doivent anticiper cette obligation pour respecter les délais légaux et éviter les contentieux. L’évolution du droit du travail vers plus de transparence et de protection des salariés renforce l’importance de cette démarche préventive pour les employeurs.